Le saviez-vous ?
En France, l’artificialisation des sols progresse depuis des décennies. Ainsi, dans les 71 communes de la Métropole Rouen Normandie, sur la période 2011-2021, la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers s’élève à 659 ha, soit une moyenne annuelle de 65,9 ha consommée par an. Un hectare correspond à un terrain de foot environ.
Cette dynamique pose plusieurs problèmes majeurs :
- Les sols naturels sont essentiels à la vie : ils filtrent l’eau, stockent du carbone, régulent les températures et abritent une biodiversité indispensable. Une fois artificialisés, ils perdent ces fonctions.
- L’étalement urbain augmente les distances : plus de déplacements, plus de voitures, plus d’émissions, plus de coûts pour les ménages et les collectivités.
- Les habitats naturels disparaissent : les espèces animales et végétales voient leurs milieux fragmentés ou détruits, ce qui accélère l’érosion de la biodiversité.
- Les sols jouent un rôle clé face au changement climatique : ils absorbent l’eau lors des fortes pluies, limitent les inondations, et apportent de la fraîcheur en été. Les recouvrir de béton ou de bitume aggrave les risques climatiques.
C’est pour toutes ces raisons que la France s’est engagée vers l’objectif “zéro artificialisation nette” (ZAN) à l’horizon 2050, et que les documents d'urbanisme doivent désormais mieux utiliser le foncier existant, rénover plutôt que construire sur des terres naturelles, et limiter l’étalement des villes.
Ce concept, que l’on nomme « sobriété foncière », n’est donc pas une contrainte abstraite : c’est une manière de préserver notre cadre de vie, de réduire les risques climatiques, et de transmettre un territoire vivable aux générations futures.
Le Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) est un document qui définit pour chaque commune de la Métropole les zones nouvelles à construire et celles à préserver. C’est l’outil indispensable de la sobriété foncière.