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Face aux enjeux croissants d’accueil et d’intégration des étrangers primo-arrivants, dont les réfugiés, les collectivités territoriales jouent un rôle central. Par leurs compétences en matière de logement, d’emploi, de santé ou encore d’accès aux droits, elles sont en première ligne pour favoriser l’autonomie et l’inclusion de ces publics.
Dans ce contexte, l’État a lancé en 2019 les Contrats Territoriaux d’Accueil et d’Intégration (CTAI), un dispositif partenarial visant à accompagner les territoires dans la mise en œuvre de politiques d’intégration adaptées à leurs réalités locales. Fondés sur une démarche de co-construction entre les services de l’État et les acteurs locaux, ces contrats permettent de définir des actions concrètes, innovantes et durables, au plus près des besoins des personnes et des spécificités des territoires.
Véritables leviers de cohésion sociale, les CTAI traduisent une ambition partagée : construire une intégration rapide, efficace et équilibrée, bénéfique à la fois pour les personnes accueillies et pour l’ensemble de la société.
Depuis 2022, la Métropole a engagé une démarche participative pour construire et améliorer le Contrat Territorial d’Accueil et d’Intégration (CTAI). Les bénéficiaires ont été impliqués dès le départ à travers la co-construction d’un questionnaire, élaboré lors d’un atelier participatif le 15 septembre 2022 réunissant usagers et associations d’accompagnement.
Diffusé en cinq langues sur la plateforme JeParticipe entre le 17 octobre et le 31 décembre 2022, ce questionnaire a permis de recueillir les témoignages de 83 bénéficiaires. Ils ont ainsi partagé leur situation, leurs besoins et leurs propositions pour améliorer leurs conditions de vie et favoriser leur intégration au sein de la Métropole.
En 2023, cette dynamique de dialogue s’est poursuivie avec un atelier réunissant réfugiés et associations. À partir des résultats du questionnaire, les participants ont confirmé des besoins essentiels : apprentissage du français, accès à un logement adapté, insertion professionnelle et accès aux soins. Ils ont également mis en lumière des difficultés concrètes, comme le logement pour les familles nombreuses, les démarches administratives complexes ou encore la reconnaissance des certifications. Au-delà des constats, ils ont exprimé une réelle volonté de s’impliquer, en contribuant à la révision du CTAI, en accompagnant d’autres bénéficiaires et en participant à la vie sociale et culturelle du territoire.
L’année 2024 a marqué une étape décisive avec l’organisation d’une série d’ateliers et de réunions de travail réunissant habitants, acteurs associatifs et partenaires institutionnels. Cette concertation a permis de faire émerger des priorités structurantes autour de plusieurs thématiques clés : logement, emploi, langue française, accès aux droits et vie sociale. Trois enjeux transversaux se dégagent particulièrement : améliorer l’information et l’orientation grâce à des outils partagés, renforcer la médiation interculturelle et plurilingue, et soutenir les initiatives portées directement par les bénéficiaires.
18 avril : Atelier participatif avec le public
23 mai : Réunion de travail avec les référents politique de la ville
31 mai : Réunion de cadrage avec les partenaires institutionnels
6 juin : Atelier participatif avec le public
17 juin : Atelier de co-construction - Vie Sociale et familiale
21 &27 juin : Atelier de co-construction - Hébergement/Logement
24 juin : Atelier de co-construction - Langue française
25 juin : Atelier de co-construction – Accès à l’emploi
26 juin : Atelier de co-construction – Accès aux droits et accompagnement
9 juillet : Atelier participatif avec le public
11 juillet : Réunion de synthèse avec les partenaires institutionnels
Le bilan du CTAI 2021–2024 illustre l’ampleur de l’engagement collectif : plus de 1 700 personnes accompagnées, une douzaine de projets déployés dans des domaines variés (hébergement, santé, emploi, langue…), et la mobilisation de nombreux professionnels, bénévoles et jeunes. Au total, plus de 650 000 € ont été investis pour favoriser l’intégration et le vivre-ensemble.
Les actions phares :
Guichet unique d’information pour centraliser l’accès aux services.
Outils linguistiques pour travailleurs sociaux et associations.
Supports culturels, sportifs et sociaux pour faciliter la maîtrise de la langue et l’intégration.
Accès aux droits et accompagnement, notamment pour la santé mentale et la protection contre les fraudes.
Programme AGIR : accompagnement individualisé pour les plus vulnérables (jeunes, familles nombreuses, personnes sans emploi ou hébergement, personnes en situation de handicap).
Plateforme DORA : outil numérique pour favoriser l’inclusion sociale.
Dans cette continuité, le nouveau CTAI 2024–2026 ambitionne d’aller encore plus loin avec une approche plus ciblée et opérationnelle. Il met l’accent sur l’accueil des primo-arrivants, avec un accompagnement renforcé et des outils concrets : création d’un guichet unique d’information, développement de solutions d’apprentissage linguistique, amélioration de l’accès aux droits et à la santé, soutien à l’insertion professionnelle, et dispositifs spécifiques pour les publics les plus vulnérables.
L’ambition est claire : proposer un accueil plus humain, plus lisible et plus efficace, en s’appuyant sur la participation active des bénéficiaires et la coopération de tous les acteurs du territoire.
Des ateliers participatifs avec les bénéficiaires s’inscrivent dans le cadre du Contrat Territorial d’Accueil et d’Intégration (CTAI) porté par la Métropole de Rouen pour la période 2025-2026. Ce dispositif, co-signé avec l’État, vise à améliorer l’accueil et l’intégration des personnes réfugiées et primo-arrivantes.
La démarche repose sur un principe central de co-construction : les personnes concernées ne sont pas seulement bénéficiaires, mais actrices des actions mises en place. Les ateliers permettent ainsi d’identifier des besoins, de faire émerger des idées, puis de construire et mettre en œuvre des projets concrets à l’échelle locale, en lien avec les acteurs du territoire.
Les participants, majoritairement issus de parcours migratoires (arabophones, ukrainiens et francophones), sont accompagnés par des traducteurs afin de garantir une participation effective de tous.
Les différents ateliers poursuivent plusieurs objectifs complémentaires :
Plusieurs enseignements majeurs se dégagent de l’ensemble des ateliers :
Ces ateliers participatifs illustrent une démarche aboutie de co-construction, où les personnes concernées deviennent de véritables actrices des politiques d’accueil et d’intégration. Le processus a permis de passer d’une expression des besoins à la définition de projets concrets, structurés et partenariaux.
La démarche se poursuit en 2026 et est déterminante puisqu’elle correspond à la mise en œuvre effective des actions et à leur éventuelle pérennisation dans le droit commun.