Contrat Territorial d’Accueil et d’Intégration : Les bénéficiaires co-construisent!

Démarche participative ouverte jusqu'au 31 décembre 2026

Economie, attractivité, rayonnement, solidarité
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CTAi

Face aux enjeux croissants d’accueil et d’intégration des étrangers primo-arrivants, dont les réfugiés, les collectivités territoriales jouent un rôle central. Par leurs compétences en matière de logement, d’emploi, de santé ou encore d’accès aux droits, elles sont en première ligne pour favoriser l’autonomie et l’inclusion de ces publics.

Dans ce contexte, l’État a lancé en 2019 les Contrats Territoriaux d’Accueil et d’Intégration (CTAI), un dispositif partenarial visant à accompagner les territoires dans la mise en œuvre de politiques d’intégration adaptées à leurs réalités locales. Fondés sur une démarche de co-construction entre les services de l’État et les acteurs locaux, ces contrats permettent de définir des actions concrètes, innovantes et durables, au plus près des besoins des personnes et des spécificités des territoires.

Véritables leviers de cohésion sociale, les CTAI traduisent une ambition partagée : construire une intégration rapide, efficace et équilibrée, bénéfique à la fois pour les personnes accueillies et pour l’ensemble de la société.

Le 1er CTAI 2021-2024

Depuis 2022, la Métropole a engagé une démarche participative pour construire et améliorer le Contrat Territorial d’Accueil et d’Intégration (CTAI). Les bénéficiaires ont été impliqués dès le départ à travers la co-construction d’un questionnaire, élaboré lors d’un atelier participatif le 15 septembre 2022 réunissant usagers et associations d’accompagnement.

Diffusé en cinq langues sur la plateforme JeParticipe entre le 17 octobre et le 31 décembre 2022, ce questionnaire a permis de recueillir les témoignages de 83 bénéficiaires. Ils ont ainsi partagé leur situation, leurs besoins et leurs propositions pour améliorer leurs conditions de vie et favoriser leur intégration au sein de la Métropole.

En 2023, cette dynamique de dialogue s’est poursuivie avec un atelier réunissant réfugiés et associations. À partir des résultats du questionnaire, les participants ont confirmé des besoins essentiels : apprentissage du français, accès à un logement adapté, insertion professionnelle et accès aux soins. Ils ont également mis en lumière des difficultés concrètes, comme le logement pour les familles nombreuses, les démarches administratives complexes ou encore la reconnaissance des certifications. Au-delà des constats, ils ont exprimé une réelle volonté de s’impliquer, en contribuant à la révision du CTAI, en accompagnant d’autres bénéficiaires et en participant à la vie sociale et culturelle du territoire.

L’année 2024 a marqué une étape décisive avec l’organisation d’une série d’ateliers et de réunions de travail réunissant habitants, acteurs associatifs et partenaires institutionnels. Cette concertation a permis de faire émerger des priorités structurantes autour de plusieurs thématiques clés : logement, emploi, langue française, accès aux droits et vie sociale. Trois enjeux transversaux se dégagent particulièrement : améliorer l’information et l’orientation grâce à des outils partagés, renforcer la médiation interculturelle et plurilingue, et soutenir les initiatives portées directement par les bénéficiaires.

  • 18 avril : Atelier participatif avec le public

  • 23 mai : Réunion de travail avec les référents politique de la ville

  • 31 mai : Réunion de cadrage avec les partenaires institutionnels

  • 6 juin : Atelier participatif avec le public

  • 17 juin : Atelier de co-construction - Vie Sociale et familiale

  • 21 &27 juin : Atelier de co-construction - Hébergement/Logement

  • 24 juin : Atelier de co-construction - Langue française

  • 25 juin : Atelier de co-construction – Accès à l’emploi

  • 26 juin : Atelier de co-construction – Accès aux droits et accompagnement

  • 9 juillet : Atelier participatif avec le public

  • 11 juillet : Réunion de synthèse avec les partenaires institutionnels

Le bilan du CTAI 2021–2024 illustre l’ampleur de l’engagement collectif : plus de 1 700 personnes accompagnées, une douzaine de projets déployés dans des domaines variés (hébergement, santé, emploi, langue…), et la mobilisation de nombreux professionnels, bénévoles et jeunes. Au total, plus de 650 000 € ont été investis pour favoriser l’intégration et le vivre-ensemble.

Les actions phares :

  • Guichet unique d’information pour centraliser l’accès aux services.

  • Outils linguistiques pour travailleurs sociaux et associations.

  • Supports culturels, sportifs et sociaux pour faciliter la maîtrise de la langue et l’intégration.

  • Accès aux droits et accompagnement, notamment pour la santé mentale et la protection contre les fraudes.

  • Programme AGIR : accompagnement individualisé pour les plus vulnérables (jeunes, familles nombreuses, personnes sans emploi ou hébergement, personnes en situation de handicap).

  • Plateforme DORA : outil numérique pour favoriser l’inclusion sociale.

Dans cette continuité, le nouveau CTAI 2024–2026 ambitionne d’aller encore plus loin avec une approche plus ciblée et opérationnelle. Il met l’accent sur l’accueil des primo-arrivants, avec un accompagnement renforcé et des outils concrets : création d’un guichet unique d’information, développement de solutions d’apprentissage linguistique, amélioration de l’accès aux droits et à la santé, soutien à l’insertion professionnelle, et dispositifs spécifiques pour les publics les plus vulnérables.

L’ambition est claire : proposer un accueil plus humain, plus lisible et plus efficace, en s’appuyant sur la participation active des bénéficiaires et la coopération de tous les acteurs du territoire.

Le 2ème CTAI 2024 - 2026

Contexte général et démarche

Ces ateliers participatifs s’inscrivent dans le cadre du Contrat Territorial d’Accueil et d’Intégration (CTAI) porté par la Métropole de Rouen pour la période 2025-2026. Ce dispositif, co-signé avec l’État, vise à améliorer l’accueil et l’intégration des personnes réfugiées et primo-arrivantes.

La démarche repose sur un principe central de co-construction : les personnes concernées ne sont pas seulement bénéficiaires, mais actrices des actions mises en place. Les ateliers permettent ainsi d’identifier des besoins, de faire émerger des idées, puis de construire et mettre en œuvre des projets concrets à l’échelle locale, en lien avec les acteurs du territoire.

Les participants, majoritairement issus de parcours migratoires (arabophones, ukrainiens et francophones), sont accompagnés par des traducteurs afin de garantir une participation effective de tous.

 

Objectifs des ateliers

Les différents ateliers poursuivent plusieurs objectifs complémentaires :

  • Accueillir et intégrer progressivement de nouveaux participants dans la démarche ;
  • Partager le cadre et les avancées du CTAI ;
  • Favoriser l’expression des besoins et des idées des participants ;
  • Construire collectivement des actions concrètes, à la fois tournées vers l’entraide entre pairs et vers la société d’accueil ;
  • Préparer la participation des habitants aux instances de gouvernance (comité technique et comité de pilotage) ;
  • Structurer et opérationnaliser les projets (choix, priorisation, recherche de partenaires, montage financier).

 

Principales thématiques de travail

Au fil des ateliers, deux grands axes structurants émergent :

 

a) L’entraide entre pairs (personnes migrantes)

Les participants mettent en avant l’importance des solidarités existantes et souhaitent les renforcer et les structurer. Plusieurs besoins prioritaires sont identifiés :

  • L’apprentissage du français, considéré comme un levier central d’intégration, avec une volonté de développer des formats complémentaires aux dispositifs existants (bénévolat, échanges informels, tutorat) ;
  • L’accompagnement des primo-arrivants dans leurs démarches quotidiennes : accès aux droits, santé, logement, scolarité, déplacements ;
  • La médiation linguistique, à la fois orale (accompagnement physique) et écrite (traduction de documents) ;
  • Le soutien aux familles, notamment pour la compréhension du système scolaire et l’aide aux devoirs ;
  • L’attention portée à des publics spécifiques, comme les personnes âgées isolées ou les femmes seules avec enfants.

Ces propositions traduisent une volonté forte des participants de valoriser leur rôle d’aidants et de relais auprès des nouveaux arrivants.

 

b) L’implication dans la société d’accueil

Le second axe concerne l’ouverture vers la société locale et la création de liens interculturels. Les participants souhaitent :

  • Faire découvrir leurs cultures d’origine à travers des événements (cuisine, musique, danse, poésie, traditions) ;
  • Organiser des ateliers d’échanges linguistiques permettant un apprentissage réciproque entre habitants et personnes migrantes ;
  • Valoriser les parcours de vie des réfugiés, notamment via des portraits ou témoignages ;
  • Développer des actions de solidarité locale, par exemple envers les personnes âgées.

Ces propositions traduisent une volonté d’aller au-delà de l’intégration, en contribuant activement à la vie locale et en favorisant la compréhension mutuelle.

 

Construction progressive des actions

Le processus de travail suit une logique progressive sur l’ensemble de l’année :

  • Avril 2025 : identification des besoins et premières idées d’actions ;
  • Mai 2025 : approfondissement des propositions et début du travail sur l’implication dans la société ;
  • Juillet 2025 : priorisation des actions par vote ;
  • Octobre et novembre 2025 : transformation des idées en fiches-projets opérationnelles, en lien avec les partenaires.

 

À l’issue de ce processus, trois actions principales sont retenues :

  1. Un programme de parrainage linguistique entre réfugiés et primo-arrivants ;
  2. Des ateliers d’échanges linguistiques et culturels entre habitants et personnes migrantes ;
  3. Des manifestations culturelles valorisant les cultures d’origine.

Une quatrième action, centrée sur l’accompagnement global des primo-arrivants, est intégrée dans un projet plus large de guichet unique d’accueil.

 

Implication dans la gouvernance du projet

Un aspect important de la démarche est la participation directe des habitants aux instances du CTAI.

Les participants sont accompagnés pour intervenir lors des comités techniques et de pilotage. Ils y présentent notamment des exemples concrets d’entraide (accompagnement aux rendez-vous, traduction, orientation, soutien moral), afin de faire reconnaître leur rôle et d’influencer les orientations du dispositif.

Cette participation contribue à légitimer leur expertise d’usage et à renforcer leur place dans la construction des politiques publiques locales.

 

Partenariats et mise en œuvre

À partir de l’automne 2025, les ateliers s’ouvrent davantage aux partenaires institutionnels et associatifs. L’objectif est de :

  • Identifier des structures pilotes pour chaque action ;
  • Définir les modalités de mise en œuvre ;
  • Construire les budgets et sécuriser les financements.

Plusieurs acteurs se positionnent, notamment des associations, des collectivités locales et des structures socioculturelles. Toutefois, des difficultés apparaissent, en particulier pour le pilotage des actions les plus complexes (notamment événementielles), en raison des contraintes organisationnelles.

Les projets doivent être finalisés fin 2025 pour un financement début 2026, avec une mise en œuvre prévue entre mars et octobre 2026.

 

Principaux enseignements

Plusieurs enseignements majeurs se dégagent de l’ensemble des ateliers :

  • Une forte implication des participants, qui souhaitent s’engager activement et durablement ;
  • Une reconnaissance et une valorisation des solidarités déjà existantes entre personnes migrantes ;
  • Une priorité donnée à l’apprentissage du français et à l’accompagnement des nouveaux arrivants ;
  • Une volonté affirmée de créer du lien avec la société d’accueil et de valoriser les cultures d’origine ;
  • Des difficultés opérationnelles liées au portage des projets, nécessitant un accompagnement renforcé des structures.

En quelques mots 

Ces ateliers participatifs illustrent une démarche aboutie de co-construction, où les personnes concernées deviennent de véritables actrices des politiques d’accueil et d’intégration. Le processus a permis de passer d’une expression des besoins à la définition de projets concrets, structurés et partenariaux.

La phase suivante, prévue en 2026, sera déterminante puisqu’elle correspondra à la mise en œuvre effective des actions et à leur éventuelle pérennisation dans le droit commun.

 

De l'autre côté du rideau : 

 

 

 

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Vos contacts

Alexandre VERBAERE
Directeur
Direction solidarité