Modification n°12 du PLU de la Métropole Rouen Normandie

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Valerie Auvray

il y a 3 semaines 2 jours

Avis de consultation publique — Modification n°12 du PLUI de la Métropole Rouen Normandie
Les Écologistes Rive Gauche
Nous nous interrogeons sur cette modification du PLUI, qui porte sur la limitation de hauteur constructible dans une zone en bordure de Seine à Petit-Couronne, faisant passer le plafond de 20 à 60 mètres.
Cette modification, bien que présentée comme une évolution réglementaire générale, ouvre en réalité la voie à la réalisation du projet industriel de Verso Energy (électro-raffinerie de kérosène synthétique destiné à l'aviation, dont l'objectif est de doubler le trafic aérien d'ici 2050). Or ce projet, contre lequel nous nous sommes déjà officiellement opposés, n'a fait l'objet d'aucune étude d'impact ni d'aucun élément technique sérieux porté à la connaissance du public : rien sur le contenu des silos, le fonctionnement des torchères, les produits en circulation, ni sur les interactions avec les deux sites SEVESO seuil haut immédiatement voisins (Bolloré/Total et Borealis).
Ce constat est d'ailleurs corroboré par la Commission nationale du débat public elle-même, qui a épinglé début septembre 2026 le manque d'information et les lacunes persistantes du dossier porté par Verso Energy et RTE.
Valider cette modification reviendrait à autoriser, sans en avoir l'air, les infrastructures nécessaires à un projet dangereux et contesté, avant même qu'un véritable débat public n'ait eu lieu sur son opportunité.
Pour ces raisons, nous demandons le retrait de cette modification du PLUI tant qu'une évaluation sérieuse des risques et une réelle concertation n'auront pas été menées.

Normandie Répie

il y a 3 semaines 2 jours

Le 26 septembre 2019, un incendie se déclenchait sur les sites de Lubrizol et de Normandie Logistique, provoquant une catastrophe industrielle majeure en plein cœur de la Métropole de Rouen. L'épais nuage de fumée noire dans le ciel, la mise en danger des secours, les informations incohérentes, les morceaux d'amiante retrouvés dans les jardins, les suies toxiques, les mesures de protection de la population insuffisantes, les mensonges de la Préfecture pour protéger l'industriel, et à ce jour, pas de registre sanitaire ni de suivi à long terme des effets de la catastrophe sur l'environnement. Tout cela reste gravé dans la mémoire des habitant-es.

Pourtant, alors que nous commémorons ces jours-ci le triste anniversaire de ce drame, la Métropole Rouen Normandie soutient, à quelques kilomètres du site de Lubrizol, en bordure de Seine, et des habitations à Petit-Couronne, la construction d'une raffinerie électrique. Porté par la start-up Verso Energy, ce projet ambitionne de produire du kérosène synthétique pour soutenir la croissance du secteur aérien. Un projet uniquement destiné à augmenter la quantité de carburants disponibles pour l'aviation, dans un objectif de doublement du trafic aérien d'ici 2050. 

Verso Energy n'a fourni, pour ce projet comme pour les autres projets similaires qu'il porte ailleurs en France, que des éléments de communication publicitaires, lors de la phase de "concertation préalable" organisée en février 2025 et qui avait suscité de vives oppositions de plusieurs associations et organisations politiques. Aucune étude d'impact, aucune étude de risque, n'ont été portées à la connaissance des autorités publiques ni de la population.

La start-up a d’ailleurs été épinglée par la Commission Nationale du Débat Public dans le rapport intermédiaire de la consultation continue sur le projet, publié le 10 septembre. La garante lui reproche une “quasi-absence d’actions engagées pour informer le public”, et déclare que Verso n’a pas tenu ses engagements, considérant en conséquence que concernant ce projet, “le droit du public à l’information et à la participation n’est pas suffisant à ce jour”. Une critique sévère, à laquelle Verso Energy a répondu que la publication d’études concernant le projet “ pourrait apporter de la confusion et des demandes de précisions du public qui se révèleraient énergivores. Répondre à des remarques du public demanderait à l’équipe un temps précieux qui serait soustrait à la bonne avancée du projet.” Des déclarations sans équivoque qui révèlent le mépris de l’industriel pour la sécurité de la population de la Métropole et pour la démocratie locale.

Affirmant clairement son soutien à un projet fumeux, immature techniquement, et pour lequel aucun élément technique n'est porté à notre connaissance, avec une volonté délibérée de l’industriel de ne pas communiquer les études, la Métropole a ouvert, le 31 juillet, en plein milieu des vacances d'été, une consultation publique préalable à la modification du Plan Local d'Urbanisme Intercommunal, visant à " permettre la réalisation du projet industriel DEZiR".  

Loin d'être anodine, cette modification ambitionne de faire passer la limitation de hauteur constructible dans la zone concernée de 20 mètres à 60 mètres, et ce afin d’autoriser la construction de colonnes, cheminées, torches, et silos. Des installations industrielles à propos desquelles nous n’apprenons rien dans cette consultation qui nous demande pourtant de formuler un avis. Ni le contenu des silos, ni les modalités de fonctionnement des torchères, aucun élément n'est mentionné dans les documents de la consultation concernant le fonctionnement du site, pas plus que les produits qui y circuleraient, leur quantité, ni les interactions potentielles avec les Plans de Protection des Risques Technologiques et les sites SEVESO jouxtant de part et d'autre le site envisagé : le site de stockage de carburant de Bolloré Energy et Total (DRPC), l'entreprise LAT Nitrogen (ex Borealis), Air Liquide, TEPSA, et autres sites sensibles. 

L’insertion de l’usine, au sein d’une zone classée par la Préfecture dans le Dossier Départemental des Risques Majeurs comme “à risque (aléas et sous aléas risque industriel : effet thermique, effet de surpression, effet toxique)”, n’est même pas abordée dans la consultation soumise par la Métropole.

Concernant les torchères, à propos desquelles aucune information tangible n'est donnée dans les documents portés à l'appréciation du public par la MRN, ces installations peuvent selon l'INERIS relever de deux fonctionnements. Des feux torches volontaires, qui visent à éviter un incident plus grave, et qui sont considérés comme "un phénomène dangereux admis pour éviter le pire". Et des feux torches "accidentels",  décrits comme des "phénomènes dévastateurs" ayant une "propension à entraîner des effets dominos sur les équipements alentour", et qui génèrent des pertes humaines et matérielles conséquentes. L'accident de torchère de Ghislenghien, en 2004, en Belgique, est l'un des exemples cités par l'INERIS pour illustrer les potentiels risques d'une telle installation :  un cratère de 10 m de diamètre et de 5 m de profondeur, 24 morts dont 5 pompiers, 132 blessés, et une zone industrielle "totalement dévastée sur un rayon de 200 m.”

Le site industriel imaginé par la start-up Verso Energy comporterait par ailleurs trois unités industrielles : un électrolyseur d'une puissance de 350MW, qui produirait (en consommant plus d'électricité que l'intégralité de la population métropolitaine et 1,6 millions de m3 d'eau par an) l'hydrogène nécessaire à la synthétisation du kérosène final, une unité de méthanolation, et une unité dite de "méthanol-to-jet". Ces différentes unités induiraient chacune des risques industriels majeurs (production, stockage et transport d’hydrogène, de méthanol, de CO2, de kérosène).

Lors de la même concertation, Verso Energy s'était par ailleurs vantée que son usine ne serait pas classée en site SEVESO. Cette fanfaronnade, sur un territoire déjà marqué par le risque et les pollutions industrielles, n'avait pas manqué de susciter l'indignation des observateurs, le classement SEVESO étant une mesure de contrôle des installations et de protection des populations, auxquelles Verso clamait sa volonté de s'en soustraire en stockant le carburant produit sur le site voisin de DRPC.

Lors du Conseil Métropolitain du 26 juin dernier, lorsque la délibération autorisant le lancement de cette consultation a été votée, nous sommes intervenu-es pour alerter les élu-es sur les risques potentiels de ce projet, sur ses consommations considérables en eau et en électricité dans un contexte de tension sur les ressources, et sur les impacts globaux du projet sur l'environnement. Pourtant, la Métropole organise aujourd'hui la modification "sur mesure" des règles collectives d'urbanisme, au profit d'un industriel qui n'a pour l'instant fourni aucun élément technique sérieux, aucune étude qui permettrait d'évaluer ni l'intérêt éventuel ni la dangerosité potentielle de l'usine qu'il projette de construire en pleine métropole.

La dangerosité du site de Verso Energy réside par ailleurs dans l'implantation locale de l'extrême droite qui se cache derrière ce projet. Le co-président de Verso, Xavier Caïtucoli, est en effet un militant identitaire notoire et l'un des financeurs de la campagne de Eric Zemmour en 2022. Les 54 millions de subventions publiques empochées pour des phases de pré-ingénierie, et les modifications du PLUI sur mesure pour se plier à un industriel qui se moque de la sécurité des habitant-es de la Métropole, sont donc autant de cadeaux faits par la puissance publique à l'extrême droite qui cherche à s'implanter sur notre territoire et à prendre la main sur le secteur stratégique de la production de carburant.

Nos associations dénoncent donc la parodie de démocratie que constitue cette consultation, ainsi que le soutien affiché de la Métropole Rouen Normandie à ce cocktail explosif combinant risque industriel et risque politique. 

 

RéPIE Normandie, Les Amis de la Terre Normandie, Alternatiba Rouen, Greenpeace Rouen, ATTAC Rouen, Les Bouillons Terre d'Avenir

 

Philippe FERMENT

il y a 1 mois 1 semaine

Bonjour, 

je m'intéresse peu à la hauteur des cheminées de ce complexe industriel.

Par contre, je profite de cette opportunité de communication pour dire que les hypothèses qui sous-tendent ce projet sont une atteinte au bon sens....et peut-être à l'avenir de l'Humanité.

Au moment où le changement climatique nous donne une 1ère claque, comment peut-on sérieusement prendre comme hypothèse que le trafic aérien va doubler d'ici l'horizon 2050 ?

Je vous suggère d'écouter JM JANCOVICI qui est plus qualifié que moi pour vous l'expliquer.

Bien cordialement, Philippe FERMENT (ingénieur retraité)

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Service P&C MRN

il y a 2 mois 3 semaines

Pour s’exprimer sur cette modification n°12 du PLU :

- Les observations peuvent être déposées dans cette espace (après ouverture d’un compte).

- Un registre papier est également disponible :

au siège de la Métropole (Le 108 – 108 allée François Mitterrand, 76000 Rouen),

à la mairie de Petit-Couronne (15 rue de la République - 76650 Petit-Couronne ).

- Elles peuvent enfin être transmises :

par courrier postal à Monsieur le Président de la Métropole (Le 108 – CS 50589 – 76006 Rouen Cedex) ou

par courriel à : plu-modifs-poles@metropole-rouen-normandie.fr